Dakar et Petite Côte

De la corniche de Dakar aux pirogues de Joal-Fadiouth, 110 kilomètres de côte abritée qui mêlent mémoire de Gorée, criées lébou et plages à 25 °C.

Dakar occupe la presqu'île du Cap-Vert, l'avancée la plus occidentale du continent africain. La ville étire ses quartiers le long de la corniche, du Plateau colonial aux Almadies en passant par la Médina, où les ateliers de sous-verre et de sculpture sur bois cohabitent avec les vendeurs de café Touba. Le marché Sandaga, en cours de réhabilitation, reste le pôle commercial historique, tandis que Soumbédioune accueille chaque soir le retour des pirogues lébou et la criée aux poissons. Notre équipe conseille de réserver une demi-journée pour traverser le port jusqu'à l'île de Gorée, vingt minutes de chaloupe, où la Maison des Esclaves et les ruelles aux façades ocre se visitent à pied.

Au nord de la presqu'île, le lac Rose (Retba) doit sa couleur à une micro-algue tolérante au sel ; les exploitants y récoltent encore le sel à la main, le corps enduit de beurre de karité. La route descend ensuite vers le sud par Rufisque et Bargny pour rejoindre la Petite Côte, une bande sableuse de 110 kilomètres orientée plein sud, à l'abri des houles atlantiques qui frappent la côte ouest. Cette protection naturelle explique la douceur des plages et la présence historique de villages de pêche : Toubab Dialaw, Popenguine, Ngaparou, Saly, La Somone, Mbour, Nianing, Joal-Fadiouth.

Joal-Fadiouth mérite un arrêt spécifique : le village de Fadiouth est construit sur un îlot de coquillages accumulés depuis des siècles, relié à la terre par une passerelle en bois. Son cimetière mixte, où tombes chrétiennes et musulmanes se côtoient, témoigne de la coexistence religieuse propre au pays sérère. Léopold Sédar Senghor y est né, fait que les habitants rappellent volontiers. Plus au sud, la réserve de Bandia, clôturée sur 3 500 hectares, permet d'observer girafes, rhinocéros, buffles et zèbres réintroduits ; ce n'est pas une savane sauvage mais une étape pédagogique cohérente avec un séjour familial.

La culture lébou structure encore le quotidien des villages côtiers. Les pirogues sortent vers 4h du matin et rentrent entre 9h et midi chargées de thiof (mérou), de capitaine, de yaboï (sardinelle) et parfois de barracudas. Le thiéboudienne, riz au poisson cuit dans une sauce tomate avec manioc, carotte et chou, se déguste sur place dans les gargotes de plage. À Toubab Dialaw, l'espace culturel Sobo Badé, fondé par le chorégraphe Gérard Chenet, programme des résidences d'artistes ouvertes au public. Saly concentre l'hôtellerie balnéaire historique du pays, avec une offre plus internationale, tandis que La Somone et Ngaparou conservent un caractère villageois.

Côté pratique, Dakar et la Petite Côte forment le sas naturel d'entrée au Sénégal : l'aéroport AIBD de Diass se trouve à mi-chemin entre les deux, à 50 kilomètres de la capitale et 30 kilomètres de Saly. Beaucoup de voyageurs commencent ou terminent ici, en utilisant la côte comme zone de décompression avant un retour de Casamance ou du Sine Saloum. Comptez deux à trois jours pour saisir le contraste entre l'effervescence urbaine, le poids mémoriel de Gorée et le rythme des villages de pêcheurs.

À découvrir

Île de Gorée et Maison des Esclaves. Vingt minutes de chaloupe depuis le port de Dakar pour accoster sur une île sans voitures, aux façades ocre et bleues. La Maison des Esclaves et son musée historique imposent un temps de lecture lent, suivi d'un déjeuner sur la place du Gouvernement.

Fadiouth, village sur les coquillages. Une passerelle en bois de 400 mètres relie Joal à l'îlot de Fadiouth, entièrement bâti sur des amas coquilliers. Le cimetière mixte, perché sur sa propre île, se rejoint en pirogue pour comprendre la cohabitation sérère entre catholiques et musulmans.

Retour des pirogues à Soumbédioune. Vers 17h, les pirogues lébou rentrent à la baie de Soumbédioune et la criée s'organise sur le sable. Thiof, capitaine et seiches changent de mains en wolof, à quelques mètres des grilleurs qui préparent le poisson du soir.

Lac Rose et exploitation du sel. À 35 kilomètres de Dakar, le lac Retba affiche une salinité proche de la mer Morte. Les saliculteurs, principalement burkinabè, y travaillent jusqu'à six heures par jour, le corps protégé par du beurre de karité contre la brûlure du sel.

Réserve animalière de Bandia. Sur 3 500 hectares de forêt à baobabs entre Saly et Mbour, observation en 4x4 de girafes, rhinocéros blancs, élands de Derby et zèbres réintroduits. Une option utile pour les familles avec enfants avant de basculer vers la plage.

Quand y aller

La saison sèche, de novembre à mai, reste la fenêtre la plus confortable. Les températures oscillent entre 18 °C la nuit et 26 à 28 °C la journée à Dakar, rafraîchies par l'alizé maritime. L'eau de mer se situe autour de 21 °C en janvier-février, puis remonte à 24-25 °C en avril-mai. De décembre à février, l'harmattan peut charger l'atmosphère de poussière sahélienne et voiler les horizons, sans pour autant gêner les visites.

De juillet à octobre, l'hivernage apporte des pluies concentrées en orages d'après-midi, surtout en août et septembre, avec des températures qui montent à 31-32 °C et un taux d'humidité élevé. La côte reste praticable, l'eau atteint 27 °C, mais certains hôtels balnéaires ferment ou réduisent leur activité. Juin et octobre sont des mois de transition intéressants pour qui veut éviter la haute saison européenne, avec encore peu de pluies effectives.

Conseils pratiques

Nous recommandons un minimum de deux jours sur Dakar (une journée pour Gorée et la Médina, une demi-journée pour le lac Rose ou le musée des Civilisations noires) et deux jours sur la Petite Côte. L'aéroport AIBD de Diass se trouve à 50 kilomètres au sud-est de Dakar et à 30 kilomètres au nord de Saly, ce qui permet de basculer directement vers la côte sans repasser par la capitale. L'autoroute à péage relie Dakar à Mbour en 1h15 hors heures de pointe.

La région se combine logiquement avec le Sine Saloum (1h30 depuis Mbour pour rejoindre Ndangane ou Toubacouta) ou avec le désert de Lompoul et Saint-Louis vers le nord. Le niveau de confort va de la maison d'hôtes lébou simple à Toubab Dialaw à l'hôtellerie 4 et 5 étoiles de Saly et des Almadies. Le profil de voyageur convient autant aux familles cherchant une fin de séjour balnéaire qu'aux contemplatifs intéressés par l'histoire de la traite, la musique mbalax et les ateliers d'artistes contemporains de Dakar.

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